Présentation de l'artiste
Technique
Équitation

Le cheval artiste

Entretien avec Corinne Dupeyrat, 26 février 2008

 Après avoir été architecte d’intérieur durant 8 ans, Corinne Dupeyrat, cavalière depuis l’âge de 3 ans, est retournée à son inclination première. Forte d’un brillant palmarès en dressage – qu’elle compte bien étoffer encore –, c’est avec passion et précision qu’elle parle de son art : l’art équestre, bien sûr, mais aussi l’art du dessin et de l’architecture intérieure, ces trois activités trouvant leur unité dans la personnalité volontaire et exigeante de l’artiste-amazone.

 Lorsqu’elle fit l’acquisition de Hondero, un cheval de pure race espagnole, Corinne Dupeyrat n’avait jamais fait de dressage ; elle montait en concours complet et CSO poney, avant d’arrêter ce sport pendant un peu plus de 10 ans. Depuis sa rencontre avec l’étalon KWPN Tolando du Loing, le dressage est pourtant devenu la discipline dans laquelle elle excelle, comme l’illustrent quelques-uns de ses plus beaux résultats :
– 2004 : Championne de Paris en 4e catégorie (avec Hondero, qui depuis est parti faire la monte chez son éleveur) ;
– 2005 : 3e au Championnat de France cycle classique jeunes chevaux de 5 ans et 2e au Championnat de Paris (avec Tolando du Loing) ;
– 2006 : 3e au Championnat de France cycle classique jeunes chevaux de 6 ans (Tolando du Loing) ;
– 2007 : Championne de Paris, vice-championne d’Île-de-France, 8e au Championnat de France en catégorie B (Tolando du Loing) ;
– en 2008, elle passe en catégorie professionnelle, toujours avec Tolando.

Pour en savoir plus sur les résultats du cheval et de sa cavalière : www.ffecompet.com

Ce magnifique cheval bai avait été élevé pour l’obstacle. Après avoir passé avec succès des qualifications très sélectives pour devenir étalon en Hollande, il avait échoué en finale. C’est grâce à cet heureux échec que Corinne Dupeyrat a pu l’acheter à son éleveur, aux Pays-Bas. Tolando avait alors 4 ans ; depuis, ils progressent ensemble… à pas de géant. À ce jour, Tolando a obtenu 24 premières places sur 52 engagements, et s’est toujours placé dans les 3 premiers. En 2006, à 6 ans, il a été classé 6e meilleur cheval de sa génération.

 « Une réussite, c’est toujours celle d’une équipe, rappelle Corinne Dupeyrat ; ce sont les écuries, l’entraîneur, le personnel qui s’occupe du cheval – notamment le soigneur ; ils sont tous importants pour que cheval et cavalier puissent aborder les concours dans de bonnes conditions. »

Le cheminement de Tolando et de Corinne Dupeyrat a profité d’une rencontre déterminante avec Marietta Almasy, ancienne cavalière internationale, actuellement juge internationale, qui fréquentait les mêmes écuries que l’artiste : « Cette rencontre a été un déclic magique ; mes progrès et ceux de Tolando sont vraiment liés au travail que nous avons effectué tous ensemble. »

Dessinatrice, architecte et cavalière… Corinne Dupeyrat pratique alternativement trois activités dont le dénominateur commun se nomme « rigueur et précision » : « Le dressage est extrêmement technique, mais requiert beaucoup de sensibilité. Mes progrès en équitation me sont utiles pour le dessin, et réciproquement. »
N’appelle-t-on pas le dressage « l’art équestre » ?
« Certains parallèles me semblent évidents, entre le dessin et le dressage : par exemple, en dessin on a besoin de rigueur et de précision, tout comme en dressage… et dans le dressage, une part de créativité est requise pour permettre au cheval de s’exprimer librement. Dans les deux domaines, dessin d’animaux et équitation, il faut avoir une vraie approche de l’animal et comprendre sa personnalité propre. »

 À cela s’ajoute un aspect de médiation et de psychologie non négligeable : « Je me trouve dans une fonction d’intermédiaire, de médiateur : en architecture, c’est nécessaire puisqu’il s’agit d’être le relais entre le désir, la personnalité du client et son projet d’aménagement ; puis de nouveau, dans le dessin, je me situe entre le propriétaire et son animal, enfin je cherche à m’imprégner de la personnalité de mon cheval pour mieux le comprendre et nous aider à progresser, je canalise et j’oriente son énergie… »

 Sans avoir pratiqué le dressage auparavant, Corinne Dupeyrat, en 4 ans, est parvenue au niveau professionnel. Puisqu’il y a plus qu’un brin de magie et de rêve dans cet incroyable parcours, pourquoi ne pas le pousser encore plus loin ?
« Londres, 2012 ? » se demande la cavalière, à demi sérieuse…